
Dans un message publié le 7 février 2026, l’ambassade des États-Unis en Haïti a salué le transfert pacifique du pouvoir du coordonnateur du Conseil provisoire de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, au Premier ministre Didier Fils-Aimé et à son Conseil des ministres, appelés à gérer la transition et à préparer les prochaines élections générales. Washington affirme être disposé à travailler avec les nouvelles autorités autour d’une priorité commune : la stabilisation d’Haïti.
Ce message diplomatique, décliné en créole, en français et en anglais, met l’accent sur la responsabilité historique des dirigeants haïtiens et sur l’importance d’efforts menés par les Haïtiens eux-mêmes pour restaurer la sécurité et répondre aux aspirations populaires. Les États-Unis rappellent également, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, que des progrès durables passent par une gouvernance responsable, une amélioration tangible de la sécurité et un partenariat international respectueux de la souveraineté haïtienne.
Cependant, sur le terrain, le contraste est frappant. A l’instar du CPT qui part, le Premier ministre Didier Fils-Aimé reste largement impopulaire et fait face à une population exaspérée par l’insécurité persistante, la violence des groupes armés et l’absence de résultats concrets. Sans actions rapides et visibles en matière de sécurité, la « stabilité » évoquée par Washington risque de demeurer un slogan diplomatique, déconnecté d’une réalité nationale qui, pour beaucoup d’Haïtiens, continue de se dégrader dangereusement.