
Le coordonnateur du regroupement politique Opposition Plurielle, Jeantel Joseph, affirme que le Premier ministre Didier Fils-Aimé ne représente qu’un pouvoir de façade et qu’il sera contraint de s’en aller pour permettre l’installation d’une autorité légitime en Haïti.
S’exprimant lors d’une entrevue accordée au journal Edito 24, Jeantel Joseph a souligné que la présence de Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement répond avant tout à une logique de transition. Selon lui, le chef du gouvernement ne dispose pas d’une réelle marge de manœuvre politique et se limite à assurer la continuité administrative de l’État. Il précise qu’un départ du Premier ministre avant le 7 février aurait provoqué une instabilité majeure au terme du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). Face à ce risque, la communauté internationale aurait privilégié son maintien temporaire afin d’éviter un effondrement institutionnel.
Jeantel Joseph rappelle que cette situation n’est pas nouvelle dans l’histoire politique récente du pays. Il évoque le cas d’Yvon Neptune, maintenu à la Primature après le départ de Jean-Bertrand Aristide, dans un contexte similaire de transition délicate. Il cite également la période ayant suivi le départ d’Ariel Henry, où près d’un mois s’est écoulé avant la mise en place d’un nouveau pouvoir exécutif, illustrant les hésitations et tractations diplomatiques habituelles.
Pour le leader de l’Opposition Plurielle, une fois le départ définitif du CPT acté, des démarches diplomatiques seront enclenchées afin de favoriser l’émergence d’un pouvoir légitime à Port-au-Prince. En attendant, il estime que Didier Fils-Aimé ne fait que gérer les affaires courantes et l’invite à se méfier des flatteurs susceptibles de lui donner une illusion de pouvoir durable.
Edito Media