July 15, 2026


De retour de la 50e réunion de la Communauté caribéenne (CARICOM), le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a, une fois de plus, promis de restaurer l’autorité de l’État et de faire de la sécurité la priorité absolue. Le discours est ferme. Le ton se veut déterminé.

Sur le terrain, la réalité reste implacable. Une nation entière en exil intérieur. Depuis plus d’un an, les engagements se répètent : reprendre le contrôle des territoires, sécuriser les axes stratégiques, créer les conditions d’élections crédibles. Pendant ce temps, l’insécurité s’est enracinée. La capitale entière échappe toujours à l’État et l’économie continue de suffoquer.

Autrefois, le chef du gouvernement pouvait invoquer les limites d’un pouvoir partagé avec un Conseil présidentiel, constitué, en majorité, de magouilleurs des pires espèces. Aujourd’hui, il concentre l’essentiel de l’autorité exécutive à Port-au-Prince. Les leviers sont entre ses mains. Les partenaires internationaux sont mobilisés pour lui. Les annonces de coopération se multiplient.

La question n’est donc plus celle des intentions.

Combien de zones seront réellement reprises ?
Combien de chefs d’hors la loi s seront arrêtés et traduits en justice ?
Quels axes routiers durablement sécurisés ?
Quel calendrier précis pour un retour effectif de l’État dans les quartiers perdus ?

Tout le peuple et notre diaspora en détresse attendent des résultats concrets, mesurables, vérifiables. Le thème même de la réunion régionale appelait à dépasser les paroles pour agir. Il est temps d’appliquer ce principe ici, chez nous. Après plus d’un an de promesses, le gouvernement sera désormais jugé non sur ses discours, mais sur sa capacité à produire des résultats visibles.

Edito 24